Cette sentence est l'immuable sanction des urnes à destination des maires qui ont abusés de la truelle. Elle se vérifie au fil des municipales dans pratiquement toutes les communes par le mécontentement profond des citoyens contre un PLU manipulé, une urbanisation débridée et les dommages collatéraux : afflux de populations disparates, insécurité, environnement, déracinement des résidents, traumatisme collectif. Un dernier sondage confirme cette sanction électorale en y ajoutant les impôts locaux, le stationnement, le transport, la circulation, l'inflation immobilière... Enhardis par leurs reconductions successives certains maires ont persistés dans l'erreur, s'égarant sur les raisons de leur réélection, imposant des projets pas toujours compris, ni acceptés par les électeurs.
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Au Lavandou, le maire sortant a introduit la "maladie du béton" défigurant l'ancien petit port de pêche avec des effets dévastateurs. Drogue, incivilité ambiante, habitat sans âme, surtourisme, malbouffe… ont trompé son atone conseil municipal de ses décisions solitaires.
Les conséquences de cette bétonite nourrissent un besoin de changement porté par une demande de mieux-vivre en forte hausse. Des bruits de manœuvres locales apparaissent déjà en écho de ce qui se passe au Parlement. Or, la barque du sortant est déjà suffisamment chargée par le bilan contesté de ses 5 mandats consécutifs. L’absence d’attractivité économique, d’emplois, la surfiscalité , le manque d’offres de soins, les inondations "centennales" à répétition, une manne touristique en déclin et une donation incongrue à l'Armée de 64.000 € ( transformée en patriotisme local) laminent ses derniers fidèles, attirés par la vision réaliste et ouverte d'une nouvelle équipe.
L’IFOP note une hausse significative de l'insatisfaction des administrés sur le travail accompli par les maires (même si quelques uns n'ont pas démérités) faute d'implication citoyenne, de soutien de l’Etat ou de contre-pouvoir local habilement muselé. Le niveau d’exigence à l’égard de l’élu de proximité cristallise la méfiance du citoyen dans la défaillance de l’administration. Il reporte ainsi sur le maire une demande de trouver rapidement des réponses à ses inquiétudes.
Le dégagisme constaté au niveau national gagne les communes, confirmé par une montée des violences et procédures contre les maires, relégués à la simple fonction de syndic de copropriété dont on exige des résultats immédiats sous peine de sanctions. A tel point que l'élu va devenir un agent de l'Etat protégé par un Préfet débordé. Les électeurs excédés par la corruption de leurs élus (parfois fondée) réclament aussi des gages d’exemplarité et de moralité aux candidats : patrimoine, casier judiciaire, vie familiale, ressources, transparence des notes de frais, mandats cumulés… et cerise sur le gâteau : garantie bancaire sur le temps du mandat !
Au final, un maire sortant est moins attractif et plus fragile que le projet d'un nouveau candidat tourné vers l'avenir de ses concitoyens.
Ce changement de paradigme soulève la nécessité d’une réforme territoriale bien avant celle de l'Etat dont l’Assemblée Nationale est le pâle reflet d’un naufrage collectif annoncé.
Cercle d’études Reyer
Emmanuel Moreau
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