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Cette sentence est l'immuable sanction des urnes à destination des maires qui ont abusés de la truelle. Elle se vérifie au fil des municipales dans pratiquement toutes les communes par le mécontentement profond des citoyens contre un PLU manipulé, l’urbanisation débridée et ses dommages collatéraux : afflux de population, insécurité, environnement, déracinement des résidents, traumatisme collectif. Un dernier sondage confirme celle-ci en y ajoutant les impôts locaux, le stationnement, le transport, la circulation, le prix de l'immobilier...
Enhardis par leurs reconductions successives certains maires ont persistés dans l'erreur, s'égarant sur les raisons de leur réélection, imposant des projets pas toujours compris, ni acceptés par les électeurs.
Au Lavandou, brassant des populations disparates (résidentes, suburbaines, saisonnières, étrangères) le maire sortant a introduit le "béton-virus" sur le mieux-vivre ensemble avec des effets dévastateurs tels que drogue, incivilité ambiante, habitat sans âme, surtourisme… trompé par un excès de confiance et des décisions solitaires.
Les conséquences de cette bétonite sont propices à l'irruption locale du Rassemblement National dans les mairies, portée par une demande sécuritaire nationale en forte hausse.
Cependant la barque LR du sortant est déjà suffisamment surchargée pour sombrer au premier tour par l’absence d’offres de soins, d’attractivité économique, d’emploi et une surfiscalité abusive, des inondations "centennales" à répétition ou même d'une donation incongrue...
L’IFOP révèle une hausse significative de l'insatisfaction des administrés sur le travail accompli par les maires même si quelques uns n'ont pas démérités, faute de participation citoyenne, de soutien de l’Etat ou de contre-pouvoir habilement muselé. Le niveau d’exigence à l’égard de l’élu de proximité cristallise le constat du citoyen dans la défaillance de l’administration. Il reporte ainsi sur le maire une demande de trouver des réponses à ses inquiétudes. A tel point que ce dernier va devenir un agent de l'Etat, protégé et auxiliaire d'un Préfet débordé.
Le dégagisme constaté au niveau national pourrait gagner les communes, attesté par une montée des violences à l’égard des maires, relégués à la simple fonction de syndic de copropriété dont on exige des résultats immédiats. Mais les électeurs échaudés par la corruption des élus réclament aussi des gages d’exemplarité et de moralité aux futurs maires : patrimoine, casier judiciaire, vie familiale, ressources, mandats en cours… et cerise sur le gâteau : garantie bancaire !
Au final, le bilan d'un maire sortant est devenu moins important et plus risqué que le projet attirant d'un nouveau candidat.
Ce changement de paradigme soulève la nécessité d’une réforme territoriale bien avant celle de l'Etat dont l’Assemblée Nationale est le pâle reflet d’un naufrage collectif annoncé.
Cercle d’études Reyer
Emmanuel Moreau
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