Nostalgique du passé le sortant fait les comptes. Chaque élection voit son petit groupe de fidèles remplacé par l’abstention, la contestation, le refus de reconduire son mandat. Désaveu pas tant pour l’âge avancé, qui ne lui a jamais donné la sagesse, mais plutôt son blocage mental sur la réalité du Lavandou.
Ce qui était de son temps n’est plus l’attente du Lavandou de demain dans un monde en perpétuel mouvement et aux alliances incertaines.
L’addiction numérique, la dévaluation de la parole, le rapport à la réalité, l’ultimatum écologique, la désorientation psychique, l’anomie sociale, le tourisme allogène, l’agression de l’IA … autant de signes inquiétants du changement de société.
Il ne suffit plus d’être un Mozart de la finance, un orateur à la langue bien pendue, un ventripotent affichant sa réussite sociale, un chevalier errant, un coupeur de ruban tricolore … pour naviguer conquérant sur une mer démontée au risque de se fracasser comme le Spahis sur l’ilot de la Fourmigue.
Et quand bien même le recrutement d’un équipage hétéroclite pour sauver son timonier cache un risque bien plus important d’une perte de contrôle ou d’une mutinerie à bord.
Un mandat c’est bien ; deux ça va ; trois une gourmandise ; quatre un caprice ; cinq une provocation ; six… une maladresse ! De cela aucun électeur éveillé ne le veut au Lavandou. Quant au grognard de 1995, il ne veut plus entendre la rengaine du sortant après 30 ans d’errance.
“ Le pouvoir masque la réalité du quotidien. On ne voit plus la vie comme un simple citoyen, car on est dans un « rôle », celui que vous octroie généreusement la République.” *
Patrick Richard
*Roland Dumas 1922-2024 (101 ans)
Adjoint au maire 1990 à 1995, Ministre 1983 à 1993, président du Conseil constitutionnel de 1995 à 2000.
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