Instant de lucidité face au rêve d’un monde meilleur… l’opinion se retourne contre les hommes et les femmes politiques incapables de gérer la France.
En 1789, les citoyens face à la dette abyssale du Royaume et une crise économique majeure, doublée d’une survie alimentaire, prennent la Bastille et balaie le clan des nantis (2% de la population). Pourtant le ministre des Finances de l’époque, Jacques Necker, a bien tenté de rétablir l’impôt à la noblesse et au clergé, alors que les intempéries et les hivers rudes de 1788–1789 ont détruits l’agriculture. Pire, le chômage et la vie chère déclenchent des émeutes dont la répression policière puis militaire provoque un électrochoc fatal. Le Père Noel et ses lutins s’enfuient à Versailles…
En 2026, rebelote ! Face aux difficultés économiques, une agriculture sinistrée et une dette publique abyssale (3600 Mds € soit 52.489 € par habitant ou 119.268 € par actif au travail) accumulée depuis plus de 50 ans, le réveil est difficile en cette veille d’élection qui promet une nouvelle fois de tout régler d’un coup de baguette magique.
Pourtant il n’y a pas si longtemps le Père Noel était magnifié sous le sapin présidentiel (et du balcon municipal du Lavandou) dans l’allégresse des gogos réclamant encore plus de cadeaux.
Mais aujourd’hui - comme en 1789 - la hotte est désespérément vide. Pire ! le Père Noel fait la quête, moqué par le père fouettard qui nous rappelle la fable de la Cigale et la Fourmi. Nos nouvelles "Lumières" révolutionnaires répandent toujours les concepts de liberté, d'égalité en droits, de séparation des pouvoirs et de souveraineté du peuple, sapant la légitimité de la République, monarchie des temps modernes, en échec des réformes attendues depuis… 1792 ! C’est alors que l’habile père fouettard s’empare de la Commune avec ses sinistres fossoyeurs Robespierre, Danton, Guillotin… à la manœuvre !
En 2027, la Patrie est à nouveau en danger face à la montée des extrêmes qui s’ajoute au fardeau de la fonction publique (5,85 millions d’agents), à l’avenir de nos enfants aux portes du chômage, aux bruits de botte d’un ennemi venant toujours de l’Est, à la future répression des opposants au régime qui surgira des urnes…
Le retour espéré d’un "Comité de salut public" est annoncé par tous les sondages, malgré l’agitation des lutins qui tentent une coalition de leurs divergences (entre ne pas rembourser la dette, surtaxer de 2 % les patrimoines supérieurs à 100 millions €, une cure d’amaigrissement de 140 Mds € de l’Etat...). Cette répétition singulière de l’Histoire sur 230 ans aurait dû nous faire agir… Que nenni ! la stupidité humaine se répète inlassablement.
Désormais on prépare la liste des nantis à tondre (7,5% de la population) ; les retraités cousent leurs poches ; le pouvoir jacobin mobilise son armée de fonctionnaires débordés par nos 370.000 normes dédaléennes ; l’I.A de Bercy traque sur les réseaux sociaux le moindre euro qui franchirait nos frontières, la BCE et le FMI* anticipent la future prise en charge du mauvais élève de l’Europe …
Résultat : 81 % des Français** n'ont plus confiance ni dans les élus(es) locaux, ni le gouvernement, ni les 577 député(e)s et les 348 sénateurs/trices ! tandis que le président de la République atteint son pire niveau de popularité avec seulement 15% d'opinions favorables.
L’art du mensonge a dépassé les limites de tolérance des électeurs dont une petite minorité de sourds-muets font encore semblants d’y croire dans l’espoir de prolonger la magie de la fête.
Après le dérèglement climatique… voici venir le dérèglement politique !
Patrick Richard
* BCE: Banque centrale européenne - FMI: Fonds monétaire international
**Baromètre 02-2026 de la confiance politique CEVIPOF + Baromètre Ipsos BVA-Cesi 11-2026
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