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Lavandou Tribune

Lavandou Tribune

L'info pas l'intox sur la tribune des citoyens opposés à la reconduction continue de la majorité municipale depuis 1995


Pardon… !

Publié par J.M. sur 25 Septembre 2021, 21:59pm

Catégories : #Politique

Le brutal retrait des occidentaux d’Afghanistan a réveillé la douloureuse retraite d’Algérie de la France 1952. Piètre tentative de colonisation commencée en 1830 par le duc d'Orléans pour des raisons économiques (recherche de débouchés et de matières premières), religieuses (convertir de nouveaux chrétiens), démographiques et surtout politiques (concurrence entre les nations). Une affaire d’ego dissimulée de l’histoire de France.
La République dès les accords d’Evian sonne le «sauve qui peut » d’Algérie déguisé en autodétermination et futurs échanges économiques.
Le bilan de cette croisade est très lourd pour l’armée, les populations et les finances publiques. Plus de 250 000 Algériens sont tués dans cet affrontement (dont + de 140.000 combattants, membres du FLN) et jusqu'à 2.000.000 envoyés dans des camps de regroupements (sur une population de 10.000.000 de personnes). Près de 25.600 militaires français sont morts et 65.000 blessés. Les victimes civiles d'origine européenne dépassent les 10.000.
Entre 1952 et 1962, 1.343.000 appelés ou rappelés et 407.000 militaires d'active (soit 1.750.000 soldats) ont été envoyés en Algérie. Près de 180.000 musulmans algériens (réguliers et supplétifs) ont également combattu du côté français pendant la guerre d'Algérie.
Ce déni politique a été méticuleusement gommée de notre mémoire collective, malgré l’évidence d’un exode massif de Pieds-noirs (français d’Algérie) vers la France juste avant la proclamation de l'indépendance. Exode. Entre 1962 et 1965, environ d'un million de personnes qualifié après coup d'épuration ethnique par certains historiens.
Dans ce flux 42.000 harkis « chanceux » embarquent mais ne sont pas considérés comme prioritaires ou utiles à la France. Le « fameux » télégramme du 12 mai 1962 du ministre d’Etat aux autorités militaires, Louis Joxe, stipule que les « supplétifs débarqués [sur le territoire français] en dehors du plan général de rapatriement seront renvoyés en Algérie ».
Les moins « chanceux », de 60 à 70.000 supplétifs collaborateurs de l’armée française, abandonnés à leur sort par De Gaulle, seront massacrés sur place par le FLN. Ironie de l’histoire, la plainte pour "crimes contre l'humanité" déposée par les harkis contre la France en août 2001, faisant état de 150.000 victimes, sera classée sans suite.
C’est que l’accueil des Français face à cette immigration est très froid (un quart des biens débarqués est volé ou endommagé sur les ports) et, en 4 ans, la croissance démographique de Marseille et de Perpignan explose de +50%, Toulon +60 % et celle de Nice +70 % créant des tensions racistes... Pendant 60 ans les harkis vivent dans la précarité sans droit, ni aide, ni intégration, la France se satisfaisant simplement d’avoir sauvé leur vie.
C’est seulement en 2016 que François Hollande reconnait solennellement les "responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil inhumaines des familles transférées dans les camps en France".
C’est en septembre 2021 qu’enfin Emmanuel Macron, au nom de la République, répare cette injustice, demande pardon et promet une loi de réparation, non sans critique d’une France nourrie par la peur de l’Islam.
Institué par décret en 2003 ce 25 septembre est la "journée nationale d'hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives" en reconnaissance des sacrifices consentis du fait de leur engagement au service de la France lors de la guerre d'Algérie.
Il était temps ! Cependant beaucoup de communes varoises sont absentes de cette commémoration. Celles qui continuent à penser Algérie française, dans le regret des colonies d’autrefois où la torture,  le pillage et l’esclavage remplaçaient les lois de la République.

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A
demander pardon n'est pas reconnaitre son erreur mais juste les conséquences funestes et irréparables de son obstination
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J
Colbert avait inventé en 1685 le "code noir" sorte de loi parallèle qui autorisait aux colons du Royaume de France un droit de vie ou de mort sur leurs esclaves. En 1956 guère mieux ! En contrepartie de notre "humanité" nos colonies nous ont foutu dehors avec un grand coup de pied dans le c... sous le vocable "autonomie, indépendance ou autodétermination" selon ce que voulaient entendre nos cons-citoyens Nos quelques miettes de colonies restent aux crochets de la République sous un statut administratif inespéré. Pourquoi pas elles récupèrent un peu tout ce que nous avons volé aux autres. La morale est qu'aucune nation conquérante ne peut rester dans un pays qui ne lui appartient pas. Tôt ou tard elle partira par la force des nouvelles générations à la recherche de leur identité.
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L
je m'inscris en FAUX à votre texte, au demeurant très intéressant !! le macron a demandé "pardon" juste pour avoir les voix des ces harkis ! c'est de la démagogie de bas-étage, c'est même leur faire honte, car ils se sert d'eux ! à 7 mois des élections comme par hasard !! j'ai vécu l'arrivée des ces pauvres harkis, les premiers que j'ai vus, c'est dans ma classe à Bormes les mimosas.....en plein hiver, pas de vêtements chauds, la tête basse....qui n'osaient s'assoir près de nous......et c'est là que ma soif de justice est née, donc ma haine de l'injustice......par mes parents que j'entendais parler entre eux, j'ai appris que les "pieds noirs" détestés par eux et tous les autres natifs de Bormes, du Lavandou de la Londe, car pour eux il a été construits très vite des HLM style le "Borgd" ils étaient prioritaires en tout, des aides pleuvaient sur eux, des serres sont sorties de terre très vite....après 3/4 ans, des villas superbes ont suivies...........et pendant ce temps là les pauvres harkis avaient été mis dans le hameau des Caunes dans le forêt du Dom, comme le disait dans un de ses skechts, "on les voit plus, j'ai fait construire un mur" !! et oui, ils ont été cachés...dans un camp, comme pendant la guerre nos parents en Allemagne......ils venaient à pieds à l'école..........été comme hiver, et c'est loin.......leurs parents ce sont intégrés, ont travaillé, je n'ai JAMAIS eu à me plaindre de l'un deux, bien au contraire..........ils étaient respectueux, et j'avais honte pour de Gaule de les avoir trahis et puis de les traiter ainsi.....c'était les pieds noirs, qu'il fallait maltraiter, car ce sont des colons espagnols pour la plupart, partis en Algérie, pour faire du "fric facile" et avoir des "boys" c'est ce que m'avait dit un jour une rapatriée qui se plaignait de son sort, car elle devait faire le ménage, travailler donc, je lui ai dit "et bien chacun son tour de faire le boy" donc; PARDON oui mais pas pour des raisons électorales, le petit locataire de l'Elsysée me dégoûte de plus en plus !!
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P
je pense que c'est une habile manoeuvre électorale car le problème aurait pu être réglé depuis longtemps ce qui dénote l'embarras des présidents successifs vis à vis de leur mentor le général de Gaulle dont ils se réclament héritiers !

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