Oyé ! Oyé ! la commedia dell'arte prépare sa 6ème grande tournée électorale dans notre village. "Monsieur ce n’est pas de ma faute" proclame sa candidature au Lavandou !
Après avoir mystifié la presse le 23 novembre sur sa fonction : "Le pouvoir pour le pouvoir ? … je n’ai pas le melon ! " , il a perdu subitement la mémoire quelques semaines plus tard, déclarant : "Je n’ai jamais dit que c’était le dernier mandat. Tant que je me sentirais pousser des ailes, des envies et des passions... Encore trois mandats, peut-être quatre ! Plus je fais de choses ici et plus je me régale.".
Ce syndrome d'hubris conditionné par le pouvoir se traduit par la démesure et l'arrogance : symptômes bien connus de la science mentale. Au fil de son art oratoire s’amplifie une vision extrêmement positive de soi. " Ce mandat a été un vrai succès " ; d’excès de confiance "J’ai confiance dans le lien fort qui s’est créé entre mon équipe et la population " ; d’affirmation de soi . "C’est [lui] qui a permis par exemple de faire en 6 mois à Cavalière ce qui prend des années ailleurs ". Pathologie alimentée par le pouvoir qui est exercé sur les autres.
Cette recherche constante de gloire a pour origine une souffrance psychique menant à des décisions impulsives et irréfléchies, un refus des critiques, un manque d’échanges relationnels où les autres sont tous perçus comme des adversaires plutôt que comme des partenaires.
Convaincu d’être là pour n’accomplir que de grandes choses, il anticipe sa sixième élection en bric-à-brac de bâtisseur "… un nouveau bâtiment pour la police municipale et peut-être une crèche aussi. Ça serait pas mal…" comblant ainsi son besoin d’être admiré, reconnu et approuvé comme un leader, un visionnaire ou un pionnier.
Nous, citoyens lucides, illustrons la dérision de ce pouvoir qui rend fou au Lavandou par ce petit conte de Paul Arène (1843-1896) -:
" Après être proclamés roi et reine d’une île ignorée, dernier débris émergeant encore de cette fabuleuse Atlantis disparue … des cris : « Vive Polichinelle et son secret !... Vive la Reine Proserpine ! » les accueillirent. Les Atlantes étaient naïvement et immémorialement heureux.
Vous devinez que l’île d’Atlantis, en rien de temps, fut dotée par Polichinelle de toutes les institutions qui font l’orgueil des nations civilisées.
Polichinelle partagea les champs, indivis jusque-là, pour en distribuer la meilleure part à ceux de ses sujets dont le nez avait su lui plaire, parce qu’il ressemblait au sien ; et les Atlantes purent désormais se réjouir de posséder enfin une aristocratie.
Polichinelle fit cueillir et monnayer, non sans se réserver le monopole, les cailloux d’or vierge et d’argent brut mêlés au gravier des ruisseaux.
Au crépuscule de sa vie, Il fit confidence de son secret à son successeur de fils : " La belle humeur et l’énergie, privilèges vraiment divins, par qui l’homme domine l’homme, se fait aimer de la femme, et brave le diable lui-même ".
Depuis, grâce à lui, un peu partout (sous des noms divers : Polichinelle, Pinocchio, Arlequin ou Stenterello), depuis des siècles et des siècles, Polichinelle est roi, Polichinelle danse , Polichinelle abuse son monde…
Alors qu’il subisse son sort et soit puni comme il le mérite. Exilé dans son orgueil, c’est un ingrat et l’ingratitude est le pire des vices. La reconnaissance est complètement inconnue à ce mauvais sujet. Le mal d’autrui le rend heureux : nuire est sa principale satisfaction. Quand c’est le cœur qui est vicié au fond, on n’en guérit jamais. Que la rivière l’emporte donc bien loin et plaise à Dieu que personne ne le repêche ! "
Depuis 1995, son clone nous était connu pour ses rodomontades et malignes tendances à tarasconner*... au Lavandou.
Patrick Richard
* Tarasconner : fanfaronner, se vanter exagérément, s'attribuer des actes, des mérites imaginaires. "Mon récit est pris du vrai (...) et quand vous rencontrerez, çà ou là, quelque tarasconnade par trop extravagante, que le crique me croque si elle est de mon invention! "(A. Daudet, Port-Tarascon, 1890, p. 11).
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