Une révision du Plan Local d’Urbanisme est envisagée par la nouvelle majorité. Un projet sulfureux au vu de la suburbanisation endurée depuis 30 ans par une commune dont le parc immobilier approche les 72% de résidences secondaires : environ 13.000 logements frappés par une THRS qui rapporte gros aux caisses municipales.
Rappel des principales critiques formulées dans l’éviction spectaculaire de l’ex-maire aux dernières élections municipales :
1. Une urbanisation jugée trop dense dans certains secteurs
Notamment par les élus d'opposition désormais « aux affaires » qui ont reproché à la municipalité sortante de favoriser une densification excessive dans certaines zones du centre-ville et du front urbain, tout en imposant des contraintes importantes à d'autres propriétaires. Ils évoquaient un manque d'équité dans le traitement des droits à construire selon les quartiers.
2. Un PLU marqué par de nombreux contentieux
Le PLU adopté en 2013 a été partiellement annulé par la justice administrative à la suite de recours engagés notamment par l'Association de Défense de l'Environnement de Bormes et du Lavandou. La Cour administrative d'appel de Marseille a confirmé en 2018 plusieurs annulations partielles, même si elle a modifié certains points du jugement de première instance. Pour les opposants, ces décisions ont montré des faiblesses dans la conception du document d'urbanisme. Pour la municipalité d’alors, il s'agissait principalement d'ajustements techniques ne remettant pas en cause le PLU.
3. Des critiques sur la concertation
Plusieurs opposants avaient estimé que la concertation autour des révisions du PLU était insuffisante et que certaines décisions étaient prises avant que les observations du public ne puissent réellement influencer le projet. La municipalité répondra que les procédures légales (enquête publique, registre des observations, consultation des services de l'État) ont été respectées.
4. Le débat sur le « bétonnage »
Une partie de l'opposition accusait régulièrement l’ex-majorité municipale de favoriser l'urbanisation dans une commune déjà fortement soumise à la pression immobilière. Les critiques portaient sur la densification, la circulation, la consommation d'espaces et l'impact paysager.
À l'inverse, l’ex-maire affirmait que Le Lavandou possédait l'un des PLU les plus restrictifs du Var et soulignait que la très grande majorité du territoire communal restait protégée ou naturelle.
5. Les relations avec l'État sur le logement
Depuis plusieurs années, l’ex-municipalité s'était opposée à certaines exigences de l'État concernant le logement social. Ces désaccords ont parfois influencé les débats sur les orientations du PLU et la révision des zones destinées à l'habitat. A l'opposé de la rebelle commune de Cuers acceptant de payer de fortes sanctions financières infligées par l’Etat (8 millions €).
Voici en résumé la polémique du PLU sur cinq mandats de l'ex-municipalité :
ce qui est établi et ce qui relève du débat politique
* le PLU du Lavandou a connu plusieurs recours devant les juridictions administratives ;
* certaines dispositions ont été annulées ou modifiées ;
* les révisions successives ont suscité de nombreuses observations et procédures du public. (Cour administrative d'appel de Marseille)
* les véritables « points chauds » de la révision du PLU 2023 ont été Aiguebelle et Cavalière, avec en arrière-plan le conflit récurrent entre préservation environnementale (EBC, risques naturels, loi Littoral) et demandes de constructibilité des propriétaires.
Par exemple à Cavalière, les opposants considéraient que ces classements réduisaient les possibilités de construire. Cependant, le commissaire enquêteur avait soutenu le maintien du quartier en classement naturel en raison du risque d’inondation persistant ; des études hydrauliques montrant que le risque n’était pas totalement maîtrisé ; de la volonté de limiter l’artificialisation des sols. Ajoutons le rôle méconnu du Bassin Beaumont, le défaut d’entretien du Quicule et l’obstacle du parking suspendu à son embouchure sur la plage (sur lequel nous reviendrons dans un prochain article sur les dessous du 20 mai 2025).
Sans oublier les contournements et les découpages subtiles autorisant des permis en ZI (inondable), NC (non constructible), ZN (naturel)... ou encore le projet de pôle d’échange multimodal à l’entrée ouest du Lavandou, proche du centre urbain. D’ailleurs les emplacements réservés pour ce projet ont suscité une opposition systématique des propriétaires concernés.
ce qui est contesté politiquement par l’ex-municipalité
* l'existence d'un favoritisme dans certains choix de zonage ;
* l'accusation de « bétonnage » excessif ;
* le niveau réel de concertation avec la population ;
* la cohérence entre protection de l'environnement et développement immobilier.
Les citoyens restent en alerte sur la moindre expropriation ou changement de classification des parcelles; pour ou contre la poursuite de l’urbanisation à Aiguebelle, Saint Clair, La Fossette… qui s’ajoute à l’érosion du littoral, la lutte contre le surtourisme et le besoin croissant de recettes fiscales.
Affaires à suivre...
Patrick Richard
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