Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L’intelligence artificielle (I.A.) s’impose progressivement dans les collectivités territoriales comme un outil permettant d’améliorer l’efficacité du service public. Aujourd’hui, plus d’un tiers des communes et intercommunalités ont déjà engagé des démarches d’intégration de l’I.A. dans leur fonctionnement administratif.

Ses usages sont nombreux : rédaction de courriers, élaboration de comptes rendus, production de notes de service ou réponses aux administrés. Certaines collectivités ont également recours à des assistants conversationnels disponibles 24 heures sur 24 afin de répondre aux questions les plus fréquentes des usagers.

Au-delà des tâches administratives, l’I.A. intervient dans la gestion de la circulation, de l’énergie, des déchets, de l’éclairage public ou encore dans la détection des fuites d’eau. Elle permet également d’anticiper les besoins des différents services municipaux en fonction des variations saisonnières de l’activité. D’autres applications plus controversées existent, notamment lorsqu’elle est associée à des systèmes de vidéosurveillance susceptibles d’ouvrir la voie à la reconnaissance faciale.

L’intérêt principal de ces technologies réside cependant dans leur capacité à libérer du temps pour les agents municipaux, leur permettant de se concentrer davantage sur les missions nécessitant une présence humaine, de l’écoute et de la proximité avec les citoyens.

Naturellement, ces évolutions suscitent des interrogations. Les questions relatives à la protection des données personnelles, à la transparence des algorithmes ou au risque de déshumanisation du service public alimentent le débat. Certains s’inquiètent également des difficultés que pourraient rencontrer les personnes les moins familières avec les outils numériques, notamment les seniors.

Quelle opportunité pour Le Lavandou ?
La véritable question n’est pas de savoir si l’intelligence artificielle doit remplacer l’humain, mais comment elle peut contribuer à rendre l’administration municipale plus efficace, plus réactive et plus économe, tout en préservant la qualité de la relation avec les habitants.

Une telle évolution suppose néanmoins un encadrement rigoureux : protection des données, contrôle humain des décisions automatisées, formation des agents et définition claire des responsabilités.

L’impact sur les effectifs municipaux constitue sans doute l’enjeu majeur. L’IA est susceptible de transformer l’organisation du travail, de faire évoluer les compétences recherchées et de modifier progressivement les besoins en recrutement. Elle peut permettre de redéployer certains agents vers des missions à plus forte valeur ajoutée, d’absorber une augmentation de la charge de travail sans accroître les effectifs ou encore de mieux répondre aux besoins saisonniers.

Parallèlement, de nouveaux métiers émergent autour de la cybersécurité, de la supervision des systèmes numériques, de la formation, des ressources humaines, de la comptabilité ou encore de l’urbanisme.

Les retours d’expérience montrent qu’une collectivité qui automatise une partie de ses démarches administratives peut réduire de 20 à 40 % le temps consacré à certaines tâches répétitives. Cela ne conduit pas nécessairement à des suppressions de postes, mais permet souvent de renforcer l’accueil du public ou les missions de terrain grâce à une meilleure répartition des ressources humaines.

À ce jour, la mairie du Lavandou n’a pas engagé de démarche notable dans le domaine de l’intelligence artificielle, alors même qu’elle emploie entre 200 et 249 agents au sein d’une organisation relativement traditionnelle.

Si la commune décidait d’adopter progressivement ces outils, les applications les plus pertinentes concerneraient notamment :
- la rédaction assistée des courriers, rapports et comptes rendus ;
- l’analyse documentaire en matière d’urbanisme ;
- le traitement des demandes administratives des usagers ;
- la gestion des ressources humaines ;
- l’organisation des interventions des services techniques ;
- certaines fonctions de soutien à l’activité de la police municipale.

Objectifs: gestion budgétaire et efficacité
Dans un tel scénario, l’effet attendu serait davantage une amélioration de la productivité qu’une réduction massive des effectifs. Les gains réalisés pourraient contribuer à répondre aux besoins liés à la forte saisonnalité de la commune ou permettre un redéploiement des agents vers l’accueil du public et les missions de proximité.

Pour une collectivité comparable comptant entre 200 et 250 agents, l’intelligence artificielle pourrait réduire de 10 à 30 % le temps consacré à certaines tâches administratives répétitives. En prenant comme référence un coût moyen annuel de 50.000 euros par agent, les économies potentielles pourraient atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros par an.

En revanche, les activités reposant essentiellement sur la présence humaine - police municipale, entretien des espaces verts, voirie, enfance, action sociale ou accueil physique des usagers - demeurent difficilement automatisables. L’évolution des effectifs se traduirait donc plus vraisemblablement par un non-remplacement progressif de certains départs à la retraite que par des suppressions de postes.

Cette réflexion s’inscrit également dans un contexte plus large de réorganisation territoriale. Depuis plusieurs décennies, le développement des intercommunalités a profondément modifié le paysage administratif français. La recherche d’économies d’échelle, la mutualisation des compétences et la simplification du « mille-feuille » territorial demeurent des objectifs régulièrement avancés, même si les résultats obtenus font encore débat.

Dans ce contexte, la future municipalité devra se poser plusieurs questions stratégiques : faut-il généraliser davantage les démarches numériques ? Mutualiser certaines fonctions administratives, comptables ou informatiques ? Développer les services en ligne pour répondre aux attentes d’une population dont une part importante ne réside pas à l’année au Lavandou ?

Autant de choix qui détermineront la capacité de la commune à conjuguer modernisation, efficacité et proximité avec ses citoyens.

Cercle d'études Reyer
Marie-Noëlle NOBLE

Tag(s) : #Cercle d'Etudes Reyer
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :