Le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille a été le symbole de la première journée révolutionnaire d'insurrection populaire marquant la fin de l'Ancien Régime.
Ce jour-là, le Marquis Delaunay, gouverneur de la Bastille, inaugure la guillotine sur la place de Grève à Paris pour avoir fait tirer sur le peuple. Une dernière exécution capitale en 1977 achèvera sa sinistre carrière au musée.
La guillotine, pour la France, est très certainement tout autant symbole républicain que le drapeau tricolore et la Marseillaise.
« Messieurs, avec ma machine, je vous fait sauter la tête en un clin d’œil, et sans que vous éprouviez la moindre douleur » ou encore « Le supplice que j’ai inventé est si doux qu’on ne saurait que dire si l’on ne s’attendait pas à mourir et qu’on croirait n’avoir senti sur le cou qu’une légère fraîcheur ». Le véritable concepteur de la Guillotine n'est pas ce bon docteur Guillotin aux formules savoureuses, mais un autre médecin Antoine Louis.
La démocratie, cette autre invention de la Révolution, ne peut être séparée de la guillotine qui devint l'instrument, sinon le symbole, du Tribunal révolutionnaire. Elle fut assez bien nommée : « sainte guillotine », « rasoir national », ou « le raccourcissement patriotique », « autel de la patrie » « le coupe-cigare », « le massicot », ou celle de très mauvais goût pour la « faux de l’égalité »
De 1792 à 1795, entre 13 800 et 18 613 sont ainsi égalisés (il est tenu compte des exécutions sans jugement). Sur ce nombre, 2794 le furent à Paris, sous la Terreur + 25 000 décapitations par simple décision administrative. Cela correspond à un total, pour la seule période révolutionnaire, de 38 000 à 43 000 guillotinés. Bien inférieur aux 800.000 assassinés par noyade, mitraille, canonnade, massue, arme blanche… et autres joyeusetés !
La guillotine ne fut, pourtant, jamais nommée dans le Code Pénal. Elle a été uniquement désignée sous cette formule : « manière indiquée et mode adopté par la consultation du secrétaire perpétuel de l’Académie de Chirurgie. »
Barbare, meurtrière, la République et la démocratie n'ont pas réussi à éloigner son ombre de la guillotine des cours des prisons avant 1981 (abolition de la peine de mort)
Citoyens ! citoyennes ! Avant d’admirer le feu d’artifice et les parades de guerre du 14 juillet, méditez sur la folie des hommes, avides de trouver son lot de coupables, et au bras politique qui manipule les consciences sur une fausse idéologie tricolore pour garder le pouvoir
Hommage à Charlotte Corday qui a eu la vaillance, le 13 juillet 1793, de nous débarrasser de l’idéologue Marat, figure du fou, du malade et de l’extrémiste, premier fournisseur du sieur Guillotin.
Pour la petite histoire, érigé en martyr, Marat est même porté au Panthéon le 21 septembre 1794 devant - bien malgré lui - un symbole de la République... avant d’en être chassé au printemps 1795.
Cercle d'études Reyer
Pascal Docquenies
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