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Les récentes interventions du 1er ministre concernant le budget 2027, fâche les contribuables. Car parler de futurs "sacrifices supportables" c'est la question qui va se poser à chacun de nous sur les 55 milliards € d'économie recherchés. Ce chantage d'une banqueroute imminente déjà servi à nos oreilles depuis 40 ans n'est plus audible dans une productivité nationale quasiment à l'arrêt, percutée par un choc pétrolier, des bruits de bottes à l'Est et les prétentions d'un pouvoir désinhibé à l'Ouest.
Pour les citoyens est urgent de revoir notre dépense publique qui représente 1.777 milliards €/an gérée par 6 millions de fonctionnaires (dont 2,5 millions agents dans les ministères ; 2,2 millions dans les communes, départements, régions, EPA locaux ; 1,2 million dans les hôpitaux, Ehpad ...); soit 1 agent public pour 15 habitants à l’ère d’internet, et un mille-feuille inextricable de 367.000 normes administratives*.
La France obèse est dépassée par son dysfonctionnement !
Si la trilogie "produire plus, gaspiller moins, dépenser mieux" est comprise, la rancœur de 85% des français* accuse directement les dépositaires politiques successifs d’avoir conduit la Nation vers le déficit record de 119% du PIB*, distribuant chaque année 60 milliards d’intérêts à des préteurs anonymes qui se frottent les mains.
Le président du Sénat – bien mal placé – avait déjà sonné l’alerte en vain : "La réduction des dépenses publiques, c’est un sujet qu’il va valoir traiter avec courage".
Du courage ? Déjà en 2007 les candidats lucides proposaient 100 milliards d’économie de l’Etat ; le départ d’1 million de fonctionnaires, la migration obligatoire des communes vers les intercommunalités, la suppression des normes entravant la liberté d’entreprendre, l’augmentation de la TVA et désormais pour 2027 faire les poches des retraités...
A l'évidence, nos hommes politiques, manipulés par la haute administration, se perdent dans des solutions fantaisistes, allant jusqu'à effacer la dette au nez des prêteurs, quitter l'Europe ou s'emparer de l'amende record de la CEE à Google (4 Md€), des avoirs russes (250 Md€), d'appeler le FMI à notre secours... via des référendums démocratiques et d'habiles justifications médiatiques.
L'Etat providence c'est fini ! et comme la France n’est, ni l’Argentine, ni les Etats Unis - paradis de la tronçonneuse des dépenses publiques - les idées reçues sont encore tenaces dans la tête des électeurs français : Europe, migrants, super riches, concurrence mondiale, patriotisme commercial, guerre, devise républicaine… L’Etat c’est nous ! prétendait le théoricien Lénine.
Mais que font donc nos 645.124 élus ? caste de 577 députés, 348 sénateurs, 74 députés européens, 1.880 conseillers régionaux, 4.108 conseillers départementaux, 36.000 maires, 80.400 élus intercommunaux, 521.737 conseillers municipaux, qui ont usés notre système jusqu'à la corde du sommet de l'Etat aux plus petites communes, perpétrant les mêmes errements du fonctionnement facile par la surtaxation des citoyens.
La soupape de l’emploi public et les 64% de prélèvement sur le travail… sont dans l’impasse; alors que nous cumulons par ailleurs 2,6 millions de chômeurs (au premier trimestre 2026) + 3,3 millions de demandeurs d'emploi inscrits sans activité (catégorie A), face à 500.000 emplois jamais pourvus (faute de candidats ! ) et 80 milliards € de déficit commercial chronique*...
Georges Bernanos** écrivait « Il n'est pire désordre en ce monde que l'hypocrisie des puissants ».
Pendant que le père Noël nous parle du voile islamique, la finance internationale nous propose : travail et productivité... cherchez l'erreur !
Patrick Richard
* baromètres Insee, Cevipof, Odoxa
**Georges Bernanos 1888-1948 (Journal d’un curé de campagne-1936)
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