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La récente intervention du 1er ministre sur YouTube concernant le budget 2026, fâche les contribuables. Car parler de futurs « efforts supportables » avec la pédagogie d’un ex-professeur de français "entre les efforts qu'on choisit et les sacrifices qu'on subit, c'est la question qui va se poser à chacun des Français" le menace d’une sortie anticipée. Ce chantage déjà servi aux oreilles des français depuis 40 ans d’une banqueroute annoncée n’est plus audible.
Le juste constat est qu’il est urgent de mettre fin au régime des dépenses publiques qui représentent 1.670,2 milliards €/an exécuté par 5,9 millions de fonctionnaires, dont 2,5 millions agents dans les ministères ; 2,2 millions dans les communes, départements, régions, EPA locaux ; 1,2 million dans les hôpitaux, Ehpad ... et un mille-feuille dédaléen des collectivités locales. La France n’arrive plus à gérer son fonctionnement.
Si la trilogie "produire plus, gaspiller moins, dépenser mieux" est comprise, la rancœur de 85% des français* accuse directement les dépositaires politiques successifs d’avoir conduit la Nation vers le déficit record de 3.400 milliards €, distribuant au passage 70 milliards d’intérêts/an à des préteurs anonymes.
Le président du Sénat – bien mal placé – a sonné l’alerte : "La réduction des dépenses publiques, qui sont aujourd’hui arrivées à près de 64 % du PIB, c’est un sujet qu’il va valoir traiter avec courage".
Du courage ? Déjà en 2007 des candidats aux présidentielles proposaient 100 milliards d’économie de l’Etat ; le départ d’1 million de fonctionnaires, la migration des communes vers les intercommunalités, la suppression de milliers de normes entravant la liberté d’entreprendre, l’augmentation de la TVA... Mais les lobbyistes, la faiblesse des hommes politiques manipulés par la haute administration les ont renvoyés dans leurs foyers, via le vote démocratique et d'habiles révélations sur les réseaux sociaux.
Comme la France n’est ni l’Argentine, ni les Etats Unis - paradis de la tronçonneuse des dépenses publiques - les idées reçues sont encore tenaces dans la tête des électeurs français : l’Europe, les migrants, les super-riches, la concurrence mondiale, le Covid, les guerres…
L’Etat c’est nous ! prétendait le théoricien Lénine.
Mais que font donc nos 645.124 élus ? Une caste de 577 députés, 348 sénateurs, 74 députés européens, 1.880 conseillers régionaux, 4.108 conseillers départementaux, 36.000 maires, 80.400 élus intercommunaux, 521.737 conseillers municipaux, qui se sont finalement installés dans le fromage, jusque dans les petites communes perpétrant les mêmes errements de fonctionnement.
La soupape de l’emploi public (électorat figé dans l’immobilisme) ou les 64% de prélèvement sur le travail… sont dans l’impasse; alors que nous cumulons par ailleurs 5.612.000 chômeurs (catégories A, B, C), face à 520.000 emplois jamais pourvus et 81 milliards € de déficit commercial chronique...
Le mot de la fin sera pour l’écrivain Georges Bernanos**: « Il n'est pire désordre en ce monde que l'hypocrisie des puissants »
Patrick Richard
* baromètre Cevipof
**Georges Bernanos 1888-1948 (Journal d’un curé de campagne-1936)
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