A ce jour, le sinistre de Cavalière du 20 mai 2025 au Lavandou, n'a pas de “responsable unique”. Il est considéré comme les conséquences d’une chaine de carences publiques.
Les informations officielles et les médias concordent sur un point : il s’agit d’un épisode d’intempéries extrêmes (pluies diluviennes et orages stationnaires) ayant provoqué des inondations brutales et des coulées de boue sur ce secteur.
L’État a reconnu, avec diligence, l’événement comme catastrophe naturelle. Donc concrètement, la prise en charge des dégâts relève des assurances habitation / auto, sous le régime des catastrophes naturelles avec indemnisation après publication de l’arrêté officiel.
Les deux morts collatéraux (85 et 86 ans), emportés dans leur sommeil par les flots, cochent la case "imprudence" et l’Hôtel Surplage prolonge sa fermeture exceptionnelle après des dégâts ravageurs nécessitant des travaux importants (un préalable à sa réouverture).
Malgré 30 ans de mandat, l’ancienne mairie semblait tout "ignorer" du rôle du Bassin Beaumont, sur son origine à réguler les eaux de pluie et servir de zone de rétention temporaire en recevant les eaux de ruissellement venant des collines du massif des Maures, via de petits ruisseaux gonflant le Quicule, sorte “d’entonnoir hydraulique” jusqu’au bassin anti-inondation pour ralentir et stocker les fortes pluies, puis de les relâcher progressivement vers l’aval.
Ce système de gestion hydraulique est donc bien de protéger les habitations, la route et les infrastructures touristiques. C’est ce qu’avait oublié l’ancienne municipalité, allant jusqu’à l’aménager en espace récréatif via des installations de mini-port, parc d’activités… et autorisant l’exploitation d'un parking suspendu enjambant son embouchure, provoquant sous l’ouvrage des embâcles (bois, dune de sable...) à son écoulement naturel vers la mer. Freinée, en cas de forte houle + tempête d'Est, l’évacuation "remonte" ou stagne temporairement sous ce parking. Un manque de clairvoyance, un défaut d’entretien sur plusieurs décennies, faute de matériel adapté et de volonté municipale, ont entravé sa fonction hydraulique principale.
Inexcusable méconnaissance d’une équipe d'élus coincée entre rivalités de clocher et ignorance du système hydraulique du vallon de Cavalière (combinant ruisseaux, bassin de rétention, buses, zones urbanisées et exutoire plage/mer) imaginé par nos anciens.
Cette funeste négligence avait provoqué la colère de l'exploitant du ludique mini-port, régulièrement inondé, éconduit vertement par l’ex-maire, rappelé sans cesse à ses obligations légales, dont la dernière réponse fût de lui envoyer police municipale et services de l'Etat contrôler la conformité de son installation, puis de mettre fin à sa DSP (Délégation de Service Public) causant sa ruine.
Mais en politique "il est plus facile de faire son devoir que de le connaître". L’émotion nationale autour de cet "apocalypse" du 20 mai 2025 n'en a pas cherché les vraies raisons au delà de la bisounours version médiatique. La solidarité et la loi du silence ont effacé toutes les responsabilités, laissant les assureurs, les collectivités locales, la Saur (station d’épuration) éponger le coût exorbitant* de la remise en état de ce quartier par 6 mois de marche forcée avant échéance électorale.
La seule lucidité des citoyens aura été de mettre fin, par les urnes, à une équipe installée dans le déni qui avait accumulé trop d’erreurs tout au long de ses 5 mandats ininterrompus. Sans jamais les accepter autrement que par l'excuse: "c'est la faute à pas de chance" et le recours systématique à la solidarité régionale ou nationale et à l'emprunt.
Les traces en sont encore visibles dans les cœurs et les finances publiques... dont les responsables, devenus victimes malgré les preuves accablantes, dorment toujours la conscience tranquille... laissant à d'autres le soin de réparer leurs erreurs.
Que la Justice soit forte au Lavandou !
Patrick Richard
* Les estimations (en cours) situent généralement le coût total entre 30 et 50 millions d'euros. Des routes, ponts, berges, réseaux d'eau, la station d'épuration et le littoral ont été fortement endommagés ou détruits.
Le pont de la D559 a été fragilisé et a nécessité des études et aménagements d'urgence.
Selon des estimations relayées localement, la remise en état du pont a représenté environ 7 M€, la station d'épuration 7 à 15 M€, et la voirie 1,5 à 2 M€, soit déjà 15,5 à 24 M€ pour ces seuls postes. Ces chiffres ne couvrent pas les dommages aux habitations, commerces, réseaux, plages et autres infrastructures (sources: France Assureurs, CD83 et Région Sud).
Le montant des travaux engagés par la Ville du Lavandou en 2025 s’élevait à 2,2 millions d’euros (1,8M€ sur le budget principal; 307.851€ sur le budget de l’eau et 112.527€ sur le budget assainissement) et à 4 millions d’euros tous budgets confondus : Ville, CCMPM, SMA.
Sur les 1.800.000€ du budget principal, la Ville a dégagé 800.000€ et emprunté 1M€ auprès de la banque des territoires après le vote de la décision modificative budgétaire du 18 juin 2025 afin d’engager, sans attendre les aides extérieures... (source: Bulletin municipal N° 154)
/image%2F1274096%2F20141025%2Fob_a64f48_cimg5559.jpg)
/image%2F1274096%2F20260629%2Fob_c91c36_2026-06-25-surplage.jpg)